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dimanche 9 novembre 2014

La 14e Femip prône la priorité aux financements de projets transfrontaliers

La 14e conférence de la Femip s'est focalisée à Naples sur la promotion des outils proposés pour favoriser l'investissement dans le bassin méditerranéen. Elle donnera la priorité aux investissements concernant plusieurs pays pour favoriser l'intégration régionale.
Werner Hoyer, président de la BEI, et Pier Carlo Padoan, ministre italien de
l'économie et des finances, veulent relancer les investissements en Méditerranée
(photo F. Dubessy)
Si Pier Carlo Padoan, ministre italien de l'économie et des finances, insiste sur le fait que "le renouveau économique dans les pays méditerranéens repose sur une équation à deux variables : des ressources d'investissement publics et privées et des projets", Werner Hoyer peut le rassurer. "Vous pouvez compter sur nous pour aider au financement comme nous le faisons depuis longtemps. L'Europe et la Méditerrannée sont au centre de la planète et ont un avenir commun que nous allons construire ensemble." A l'aube d'une nouvelle période 2014-2020, le président de la Banque européenne d'investissement (BEI) entendait cependant davantage axer son discours sur les "outils au service de la croissance pour stimuler l'investissement dans le bassin méditerranéen". 

Le thème de la 14e conférence de la Femip (Facilité euroméditerranéenne d'investissement et de partenariat), qui se réunissait à Naples le 30 octobre 2014, a conduit les différents intervenants à insister sur la nécessité de promouvoir les programmes de conseil pour surmonter les obstacles du financement.

Un plan Marshalll euroméditerranéen pour les transports

La Femip veut mobiliser sur ses outils pour aider au développement
des pays méditerranéens (photo F.Dubessy)
"Les investissements dans le domaine des transports constituent le moteur de la croissance économique de ces pays. Il faudrait créer une sorte de plan Marshall pour développer des projets à vocation régionale, transfrontaliers" souligne Redouane Belarbi, secrétaire général au ministère marocain de l'équipement et des transports. Selon lui, ces dossiers devraient impérativement, outre un nécessaire respect de l'environnement et une démarche de développement durable, faciliter l'intégration de la région, les échanges économiques et la mobilité des personnes et offrir un effet structurant sur les pays concernés, notamment en matière de création d'emplois. 

Il trouve écho à sa proposition en la personne d'Elmar Brok. Le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen n'hésite pas à affirmer qu'"il faut reconsidérer les fonds européens et encourager les pays à porter des projets transfrontaliers qui ne concernent actuellement que 15% des investissements. Il faut relier les intérêts économiques des pays, cela aidera à la stabilité économique."

Favoriser la mixité de financement

Selon Fathallah Sijilmassi, secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, tous les projets doivent viser à rapprocher les deux rives de la Méditerranée (photo F.Dubessy)
Selon Fathallah Sijilmassi, secrétaire général
de l'Union pour la Méditerranée, tous les projets
doivent viser à rapprocher les deux rives de la
Méditerranée (photo F.Dubessy)
Fathallah Sijilmassi, secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée (UpM), insiste sur l'"importance de développer l'intégration régionale dans la globalité de la région euroméditerranée". Et de rappeler que "si cette région constituait un bloc, 90% du volume économique s'effectuerait au sein de l'Union européenne, 9% entre l'Union européenne et le sud de la Méditerranée, et seulement 1% entre le sud et le sud." 

"Il me semble important que le nord et le sud de la Méditerranée continuent à travailler ensemble et sur un agenda commun. C'est d'ailleurs la vraie valeur ajoutée de l'Union pour la Méditerranée" souligne le secrétaire général de l'UpM. 

Le problème du mode de financement ne pouvait que venir sur la table. Pour Elmar Brok, "la priorité ne doit pas être donnée aux subventions mais à l'impact économique des investissements." Un avis partagé par Alessandro Castellano, Pdg du groupe italien Sace, pour qui "les subventions ne font pas le développement ! " 

Redouane Belarbi distingue trois possibilités d'investissement : "le financement par l'Etat, qui doit prendre garde à son endettement, les dons qui dans le cadre d'infrastructures bénéficient aussi aux autres pays, et les PPP (Partenariats Public Privé), à condition que le projet soit rentable." Pour Fathallah Sijilmassi, " il faut encourager et soutenir les dons, prêts et autres formules car, pour certains projets, il n'est possible de faire que des dons, pour d'autres que des prêts. Et il faut aussi promouvoir une troisième voie, celle des PPP et des investissements multiformes pour les projets prioritaires." Ce que reconnait volontiers Redouane Belarbi pour qui "l'essentiel reste d'être innovants. Chaque projet développe ses spécificités, nous devons donc réfléchir à la mixité des financements."

Par Frédéric Dubessy - Source de l'article Econostruminfo

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